V commes VOITURES et embouteillages

Publié le par Franzi

L’image de voitures de plus en plus nombreuses et de plus en plus neuves et belles, déjà entrevue au sortir de l’aéroport, se confirme : voitures des classes moyennes, voitures très reconnaissables des nouveaux riches. On voit de magnifiques limousines aux vitres noires comme dans nos romans d’espionnage, des 4x4 gigantesques et rutilants, toutes radios allumées. Très curieusement, ces belles voitures ne semblent pas provoquer de révolte chez les prolétaires qui les voient passer mais plutôt de l’amusement. Avoir une plaque avec le chiffre 7 est le summum, je n’ose imaginer les intrigues pour en décrocher une. A Shanghaï ou à Pékin, on retrouve le même engouement pour les chiffres porte-bonheur. Les camions et les vieux cars brinquebalants qui étaient encore de moitié dans la course, il y a quelques  mois, font figure du passé. La conduite est sportive, à l’intimidation, et le reflexe sécuritaire n’est que très embryonnaire.

Les taxis sont pratiques mais souvent les vieilles Ladas noires n’ont pas de compteur. Il est prudent de choisir une voiture avec compteur et de discuter, avec fermeté et à l’avance, le prix de la course.

La voirie de Moscou est bonne avec des ornières inévitables à la sortie de l’hiver. Le déneigement est très bien organisé. Néanmoins, les matins d’hiver sont rudes pour les automobilistes. Ils découvrent leur voiture enfouie sous  une couche de neige fraîche et sont obligés de zigzaguer le long des congères, dans une ville à embouteillages chroniques.

 Les embouteillages sont actuellement la plaie de la circulation moscovite. Tout y contribue, le nombre de voitures en constante augmentation, quelque peu les déplacements des officiels et surtout les innombrables chantiers  de construction des nouvelles stations de métro, des nouveaux immeubles et centres commerciaux. Il faut avoir le plan de la ville en tête et trouver rapidement l’itinéraire bis de contournement. Pour prendre son avion, mieux vaut prévoir une marge d’avance.

Le plan de Moscou est très lisible comme celui des quatre périphériques qui l’entourent sous forme d’anneaux concentriques. Une très jolie formule dit que Moscou est comme un caillou jeté dans l’eau qui fait des « ronds ». Cette disposition repose peut-être sur une symbolique, l’anneau étant  un très vieux talisman russe. Les quartiers sont bien différenciés les uns des autres, nichés à l’intérieur des différentes ceintures.

La première ceinture qui enserre le Kremlin et Kitaï –Gorod est celle des « boulevards » (9km), puis vient la ceinture des » jardins », en troisième lieu celle qui marque le début de la nouvelle ville et enfin la grande rocade de 110 km qui marque les limites de la ville.  

Dès que l’on sort de la ville, commencent les premières datcha et les premières publicités de programmes immobiliers de résidences, pardon de datcha, secondaires. Encore plus loin, dans la campagne et la forêt, apparaissent les premiers villages, villages- rues, bordés d’isba où, fait curieux pour nous, les conduites de gaz sont en hauteur et non pas enterrées.

Les autoroutes et grandes routes ressemblent aux nôtres avec une bonne signalisation. Il en va tout autrement pour les petites routes de campagne qui ne sont souvent que de simples pistes avec peu ou pas de signalétique. On peut s’égarer très facilement dans ces paysages uniformes de forêts ou de plaines immenses qui font irrésistiblement penser à la retraite de Russie dès la première neige.

Au bord des grandes routes et même de l’autoroute, on trouve de petits marchands :  des vendeurs de grandes peluches ou de prianik, brioche traditionnelle qui peut prendre la forme d’une fleur ou d’un papillon, ou d’autres, plus insolites pour nous Français, comme des ouvriers d’usine obligés d’écouler eux-mêmes leur production de verrerie.

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