Samedi 19 juillet 2008 6 19 07 2008 15:47
S comme SANTE, SERVICES, SECURITE, SORTIES et SOUVENIRS –STATUES-SYMBOLES

Santé 

 Vu les prix pratiqués et la qualité des soins, il est important pour le moscovite de base de prévenir plutôt que de laisser les petits maux s’installer. On évite les rhumes en s’habillant exactement comme la météo l’exige. Les enfants ont des tricots de corps l’hiver, des bonnets, des gants et des bottes fourrés. Les Russes qui viennent en France sont absolument surpris de voir nos enfants en T-shirt l’hiver avec le nez qui coule ! Si le mal s’installe, on essaie d’abord les moyens du bord : pas d’antibiotiques mais une bonne inhalation ou un remède aux plantes ! Mais on ne peut qu’être frappé par les nombreux cabinets de dentistes et stomatologistes qui se sont ouverts à tous les coins de rues. Les étrangers ont leur propre circuit médical, efficace mais cher (90 € la consultation banale !) et c’est dans ces centres que le touriste a intérêt à se rendre en cas de problème.

 

Services et amabilité: la poste et les distributeurs de cartes bancaires

La poste : quels progrès en peu de mois ! On y trouve maintenant des produits dérivés comme en France : colis, enveloppes illustrées, pré-timbrées, assortiment de cartes pour les fêtes, calendriers. La rapidité du courrier a quelque peu progressé, on peut avoir une lettre de Russie en France en une dizaine de jours. Par contre l’envoi de colis internationaux entre particuliers est moyennement sûr.

L’amabilité est réservée à l’appréciation du guichetier - qui est majoritairement une guichetière ! Mais on peut trouver maintenant quelques postières agréables, surtout parmi les plus jeunes qui n’ont pas été formées à l’époque soviétique.

C’est un caractère constant des services publics et même, fait plus surprenant, des commerces et des restaurants que ces employés grincheux qui ont l’air de vous rendre un douloureux et ennuyeux service.

Distributeurs pour cartes bancaires : ils sont nombreux, avec ni plus ni moins d’aléas qu’en France.

 

Sens de la Sécurité 

On peut comparer la situation de la Russie à celle qui existait dans notre pays dans les années 50 à 80.On tentait alors  plutôt de composer avec le danger que de le combattre à la source. Les Russes ne réclament pas encore de parapluies pour les situations évitables ni même pour les situations à risques faisant depuis longtemps partie du quotidien. Il y a donc des conséquences accidentelles ou sanitaires. Mais il y a aussi des côtés très positifs comme la prise en charge des individus par eux-mêmes. Néanmoins la sécurité progresse avec l’élévation du niveau de vie.

Prenons comme exemple tangible celui des chantiers.


Il y a deux ans encore, la majorité des échafaudages et des cabanes était rustique et hasardeuse. Maintenant les échafaudages sont modernes, les cabanes remplacées par des Algeco et il y a des WC mobiles, les « toi-toi » ! Les ouvriers - venant pour beaucoup des républiques lointaines - portent casques et gilets réfléchissants. Les trottoirs près des chantiers sont protégés par des palissades et des toits.


Souvenirs et Artisanat

Rapporter des souvenirs, est le délicieux souci des touristes. Il y a beaucoup de belles choses en Russie, à tous les prix. Toutefois mieux vaut s’abstenir de rapporter une icône ancienne ou autre objet soumis à des règles d’exportation très strictes. Relisez soigneusement vos guides ou interrogez les experts pour savoir ce qui passera la douane sans ennui. Il y a d’excellentes boutiques dans toute la ville mais deux territoires de chasse sont particulièrement intéressants, surtout si vous n’avez que peu de temps : la rue piétonne ARBAT et le grand marché d’ISMAÏLOVO. Les prix qui étaient très bas il y a cinq ans ne sont plus qu’intéressants. Pour le prix d’il y a trois ans d’une boîte laquée noire peinte toute en finesse et doublée de feutre, vous n’avez plus qu’une boîte plus grossière peinte ou floquée en rouge à l’intérieur .

La rue ARBAT a été une des première des rues piétonnes et l’une des premières où les enseignes capitalistes se sont installées comme Mac Donald's, avant l’émergence des centres commerciaux. C’est une rue commerçante et très vivante où jeunes Russes, intellectuels et touristes déambulent en flots continus. Cafés, boutiques de souvenirs, rien n’y manque pas même de belles maisons anciennes ou de style constructiviste ou bien des statues célèbres comme celle du couple Pouchkine près de leur demeure. Le milieu de la rue est occupé par des étals de souvenirs divers. Mais la qualité artisanale recule au fur et à mesure du remplacement des babouchkas, qui vendaient une production authentique, par des vendeurs plus portés sur les montres ou les fripes militaires.

Le marché d’ ISMAÏLOVO est facilement accessible par le métro « Partisan ».

C’est un double repaire : le repaire d’un artisanat de qualité pour les touristes et celui des derniers CD, DVD en date et des accessoires à prix défiant toute concurrence (marché à l’arrière) pour tous. L’entrée est payante mais le prix n’est pas dissuasif.

Parmi les souvenirs les moins décrits dans les guides, il y a les articles en tricot : les châles très fins en sorte d’angora censés guérir les maladies, les moufles et les chaussettes. L’artisanat du bouleau est beaucoup plus connu : petites boîtes et objets sculptés ou objets en lanières tressés comme des chaussons ou des paniers ou ces sacs à dos déjà connus il y a des siècles. Tout cet artisanat va peut-être disparaître avec les babouchkas et leurs maris et donc devenir rare. Certains magasins de luxe ne s’y trompent pas qui intégrent déjà ces objets, presque d’antan, dans leur décor.

Les Statues de Moscou dont le style est emprunté surtout au style classique ou réaliste, cher aux soviétiques, constituent un des charmes des promenades moscovites. Il y en a partout, sur les places, dans les parcs voire les rues. Près du parc Gorki, ne manquez pas de visiter le pittoresque jardin des statues déboulonnées après la chute du communisme, à elles seules une page d’histoire. Souvent de la taille du personnage qu’elles représentent, elles peuvent aussi être très majestueuses comme celle de Pierre–le-Grand et de son bateau. Outre les charmantes sculptures de bois pour enfants dans les aires de jeux et les parcs, c’est un régal de découvrir tous les ornements sculptés des vieilles maisons et des isbas.

 

T comme TATARS - MONGOLS et TERRE, deux entités très marquantes de la culture russe.

L’attachement à la terre est viscéral. Nous l’avons vu illustré par l’inclination des citadins pour les fleurs, les parcs, les datchas à la campagne et l’amour de la nature. C’est une constante que l’on retrouve dans la littérature et toute l’œuvre artistique. On ne peut pas comprendre l’âme russe sans cette donnée fondamentale.

D’aucuns disent que la Russie a sauvé l’Europe en arrêtant les invasions des Tatars et des Mongols. Les attaques de ces barbares ont joué un grand rôle historique. Elles ont laissé, comme en Chine, des traces profondes dans la mémoire collective.


F comme Fer, métal et Fleurs.

Le fer forgé est très présent, que ce soit les grilles pour protéger les fenêtres -avec un motif « soleil » très populaire- mais aussi les multiples bordures des squares ou des pelouses. Ces bordures sont assez hautes, comme à Saïgon ou Shanghaï, et souvent peintes en vert et jaune .

Les caves et les entresols, ouvrant sur les trottoirs sont protégés de la neige de façon fort diverse par des abris vitrés ou cimentés, eux- même renforcés de grilles.

Les portes des maisons, souvent en fer et blindées, ont des porches dont certains ressemblent aux abris des croix de nos tombes de l’époque romantique.


Les gouttières sont très présentes et robustes. Dans les maisons anciennes, elles sont remarquables par leur importance et leur bouche, joliment ouvragée. Les jours de dégel, elles déversent des flots impressionnants.

Parfois, à l’intérieur des églises, des musées ou des bâtiments publics, bref aux endroits de fort passage des grosses chaussures d’hiver, on voit des sols en dalles métalliques aux ornements en relief.

 

Nous avons tout dit sur les fleurs.

Cette phrase n’est qu’un rappel à ne pas oublier votre bouquet pour la maîtresse de maison quand vous serez invité par des Moscovites. Cette invitation sera la preuve de votre promotion de simple touriste à celle d’ami réellement adopté qui n’ignore plus rien du Moscou intimiste.

 

FIN de l’Abécédaire intimiste de Moscou.

 

RDV en octobre pour un nouveau sujet d’exotisme quotidien et/ou non politiquement correct.

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 07 2008 14:53
NOURRITURE et Cuisine  

Plats russes :

Le Courrier de Russie, journal des Français de Moscou, a publié début novembre un intéressant classement des « six plats russes préférés des Français » et des « six plats russes qu’ils aiment le moins ».

Bortsch, salade Olivier, notre salade russe( !), bœuf Stroganov, pirojkis, pelmenis et caviar sont les favoris.

Lard ou sala, zakouski, kacha, desserts à la crème, viande rouge et poissons séchés ne plaisent guère, du moins aux Parisiens. Les provinciaux savent que le lard ou les flocons d’avoine tiennent au corps par grand froid. Par contre, le manque d’attrait pour les lourds desserts à la crème et les gros gâteaux colorés, comme on en trouve aux USA ou en Chine, mettra d’accord la majorité de nos compatriotes.

Nous assimilons parfois le bortsch à une grossière soupe au chou, tout à fait à tort. Il en existe au moins cent recettes et celui qu’on mange en ville ou dans les familles moyennes de Moscou est raffiné et délicieux ( cf photo des bols d’ingrédients, ci-contre) .

Après avoir lu ce paragraphe, vous n’irez pas commander une salade russe, personne ne saura ce que c’est, mais bien  une salade Olivier, inventée par un Français, et qui est de toutes les fêtes russes. La kacha est une bouillie épaisse et sucrée de flocons d’avoine, petit déjeuner nourrissant avant d’aller à l’école. Elle est aux petits Russes ce que les corn-flakes sont aux petits Américains. Certains enfants adorent mais d’autres font la grimace. On ne vous fera pas l’injure de vous expliquer ce que sont les pirojskis ou les zakouskis ou autres pelmenis que nous avons découverts en France, il y a longtemps déjà.

Un plat traditionnel excellent est le bœuf à la russe. Cela ressemble beaucoup à notre daube mais avec un goût prononcé de marinade au vin blanc, agrémenté de pruneaux ou de carottes. Il est particulièrement savoureux quand il est servi dans des bols recouverts d’une croûte de pain que l’on trempe ensuite dans le jus. L’accompagnement des plats traditionnels consiste le plus souvent en une assiette de pommes de terre sautées décorée d’une tomate ou d’un  radis, d’une courgette ou d’un poivron artistiquement découpés et d’un oignon « grelot » ou d’une olive. 

Confiseries :

Chocolats, bonbons, gaufres à la manière ancienne, ont été détrônés par les confiseries américaines. Il faut aller dans des boutiques de luxe ou des salons de thé pour en trouver des vestiges ou bien encore à la chocolaterie « Octobre rouge » qui a sans doute fermé. « Octobre Rouge » dans sa pure atmosphère de fabrique d’état aux employés revêches valait le détour. Pourtant, comme les bonbons Mischka au papier savamment plié sont délicieux, comme les gaufres sont douces dans leurs belles boîtes de cartons ! Ces dernières sont un ravissement  en elles-mêmes avec la célèbre petite fille au fichu jaune ou celle qui ressemble au  petit chaperon rouge .

Dans le beau magasin de thés et autres spécialités russes, Myasnitskaya ulitsa, près des « étangs propres », on peut trouver, outre un assortiment de thés remarquable, toutes ces spécialités traditionnelles. Les petits champignons, pied en  pâte et tête en chocolat des « Chocoboy », sont leur pendant plus populaires dans les « producti ». C’est un exemple amusant entre un petit régal très russe et la fascination d’un nom à l’américaine.  

Boissons :

TCHAÏ : au retour d’une promenade, rien ne vaut un bon thé( tchaï) bien fort , très sucré et avec du lait . Là encore un petit goût d’Asie, d’Inde cette fois, la cardamone en moins. Le tchaï est très prisé aussi avec du miel et du citron. Dans bien des « thés » de dames, on accompagne de confiture dans une petite coupelle. Les samovars anciens avec la cheminée et le four à charbon se vendent chers sur les marchés de brocante et c’est une décoration très appréciée. Mais les samovars actuels des restaurants ont tous une résistance électrique, comme nos vulgaires bouilloires, mais bien plus « classe ». 

CAFE : dans les cafés et restaurants, les expressos sont très demandés et excellents. Mais on trouve aussi le café américain allongé ou non, les cafés aux goûts plus orientaux, bref toutes les sortes de café. Il ne nous a pas été possible de trancher s’il y avait plus d’amateurs de thé ou de café chez les moscovites ! Mais davantage qu’en France, on accompagne souvent sa boisson favorite d’une pâtisserie, souvent excellente. Il existe de nombreux et coquets salons de thés, tradition du grand est oblige, et il faut ajouter le chocolat à la liste des boissons reconstituantes sans qu’il ait l’importance du thé ou du café. 

BIERE  et VODKA sont les  boissons masculines les plus appréciées. La bière est la boisson de toute la journée, accompagnant le sandwich de midi ou les promenades des jeunes. L’alcoolisme sévit, c’est un vrai fléau sanitaire et social. Le Prince Vladimir, dit-on, a autrefois choisi sur ce critère la religion orthodoxe qui autorise la vodka de préférence a l’islam car la « vodka réjouit le cœur des Russes ». Et l’on dit aussi que Gorbatchev doit une des raisons de sa chute à sa législation contre l’alcool. Mais si tant de bouteilles de bière traînent dans les rues, il faut faire la part des choses. D’une part, aller boire et manger au café est encore cher pour beaucoup, d’autre part l’équipement en poubelles est encore restreint. Rencontrer des hommes ivres durant la journée était encore fréquent dans le centre ville il y a 5 ans, c’est devenu à présent rarissime. La vodka est souvent bonne et hélas à un prix qui n’est pas dissuasif même pour un petit salaire. 

KWASS ET MORS : On ne peut pas quitter Moscou sans avoir goûté  au « Kwass », boisson très ancienne à base de pain fermenté mais qui garde la faveur de nombreux Moscovites. Le goût est original, dans un sens ou dans l’autre, vous n’y resterez pas indifférent.

Le » mors » ressemble davantage à nos boissons modernes puisque c’est un jus à base d’airelles, très rafraîchissant et sain. 
 

O comme ferveur ORTHODOXE et ORDRE et avant-garde, dissidents

Du plus riche au plus pauvre, le moscovite est lancé dans la course à la consommation.

Mais, parallèlement à ces appétits matériels, les battements de coeur de l’âme russe, que les écrivains ont toujours aimé nous faire entendre, trouvent aussi une résonnance dans la génération actuelle. 

Les Slaves ont une longue histoire et un patrimoine de traditions dont ils sont fiers. Dans les années 90, ils ont été humiliés sur la scène internationale. Avec le gaz et Poutine, la fierté nationale et patriotique revient en force.

Le renouveau de la religion et de la ferveur est patent. Il n’y a pas que des babouchkas dans les églises. Même si elles y sont en nombre, on voit beaucoup de jeunes et d’hommes. On peut expliquer cela par la résurgence au grand jour d’une religion cachée au temps des persécutions communistes. On peut y voir aussi l’expression d’une religiosité fondée sur  la fierté d’appartenir à une nation qui a une telle richesse de traditions et de rites. 

Le besoin d’un homme fort à la tête du pays peut aussi s’expliquer par l’histoire, affirment certains. Il y eut d’abord l’influence byzantine qui donna à l’âme slave une composante fantasque et irrationnelle qualifiée de féminine, certainement amplifiée par les paysages immenses des steppes et la forêt mystérieuse. Puis vint St Serge au XIVe siècle, moine fort qui a mis l’accent sur le symbole de la Trinité, l’unité et la résistance à l’ennemi. Il a fédéré les princes, commencé l’alphabétisation et donné le sens des responsabilités, pulsions soi-disant masculines qui aboutiront à l’unification du pays. Cette influence susciterait encore aujourd’hui ce besoin des Russes de se donner à un homme fort qui puisse les gouverner.

Dans un pays autocratique, il ne peut y avoir consensus de tous et il s’élève toujours, aujourd’hui comme hier, ces voix politiques dissidentes et ces artistes d’avant-garde qui dans toute l’histoire de la Russie ont eu tant d’importance parce qu’ils sont souvent un des germes de l’avenir. 
 

P comme PARCS

Les Parcs sont nombreux et beaux. Ce n’est pas un hasard, c’est encore et toujours l’expression de l’amour de la nature et de la terre. Le communisme  a respecté cette tradition .Votre guide décrit des dizaines de parcs, certains avec des frondaisons magnifiques ou des attractions pour l’été, Gorki Park, Olympic Park, Parc des « étangs propres »… En hiver, les enfants y traînent leur luge, les adolescents s’y rendent en bandes, on y patine sur les petits étangs gelés, on y pique-nique l’été et tous s’y promènent en toute saison.

Tous ces parcs sont très bien entretenus par une armée de babouchkas et d’employés qui jouent de la balayette du matin au soir, même le dimanche. 

Après une représentation au Vieux Cirque, pourquoi ne pas vous promener dans le parc juste en face, celui de Tsvetnoy boulevar (sans « d » !) , le boulevard fleuri ? Il est petit mais très représentatif de ces parcs urbains.

Comme beaucoup de parcs moscovites, il est dessiné sous formes d’allées et de pelouses géométriques ombragées qui séparent en deux un  boulevard. Cela ressemble un peu à notre boulevard Pereire parisien. Nous y retrouvons toutes sortes de statues figuratives, solides et réalistes, très typiques de l’héritage soviétique  comme des clowns avec leurs valises, escaladés par les enfants ou trois jeunes paysannes de kolkhozes vantant le travail. Ironie du sort, celles-ci se trouvent juste à la hauteur d’un chantier d’immeubles de luxe sur le trottoir d’en face où les palissades affichent sans complexe « capitalisme.com « .Du même côté, le parc se termine par une grande colonne,-monument souvenir fleuri d’œillets et de roses rouges le jour de la fête de la milice.

Juste derrière s’ouvre la nouvelle station d’un nouveau tronçon du Métro. Cette station avec ses marbres, ses dimensions imposantes et ses magnifiques tableaux en verre coloré représentant des monuments de Moscou et des monastères n’a rien à envier à ses sœurs des années 30. Ce quartier , sur une surface restreinte, donc ne nécessitant que peu de temps de parcours, est assez emblématique du Moscou résidentiel. 
 

R comme RESTAURANTS, CAFES et RUES 

Cafés et restaurants

La cote du café semble varier parallèlement à celle de l’économie libérale et de la démocratie. Depuis la fin des années 80 et la chute du communisme, la consommation aurait augmenté de près de 10 fois.

Il y a des cafés partout ce qui  rend une promenade à travers Moscou très agréable.

Les expressos sont excellents et les gâteaux qu’on choisit dans une vitrine aussi. Pour l’amabilité, c’est comme toujours « à la russe » mais peut-être un peu mieux qu’ailleurs. La chaîne qui a russifié « coffee house »  en «  Kofe aouz » est encore une illustration évidente de la fascination des Moscovites pour les produits et le mode de vie américain. Au Hardrock café ou au Starbucks, nous retrouvons les standards habituels, certes moins raffinés.

Les salons de thé, concurrencés par cette nouvelle vogue, proposent souvent de délicieux chocolats et  ressemblent à des reconstitutions surannées de romans. Dans les salons de thé comme dans les cafés qui en ont empruntés les usages, il y a les petits raffinements des pays de l’est : la note présentée  avec cérémonie sous portefeuille même pour un simple expresso, la tasse de café ou de thé servie à l’ancienne sur un napperon de dentelle en papier.

On mange très bien à Moscou. Les restaurants sont russes mais aussi ukrainiens, géorgiens, ouzbèques, turcs, français, italiens, japonais bref offrent  la cuisine de toute la Russie et  celle du  monde entier, de toutes qualités et pour toutes les bourses. A vos guides même si vous trouverez bien tout seuls le classique Café Pouchkine célèbre en France depuis qu’il a été chanté par Gilbert Bécaud dans « Nathalie »! Le bouche à oreille vous signalera les endroits branchés. Il reste encore quelques rares cantines, vestiges de l’époque communiste. On y mange très correctement à des prix imbattables et avec un souci touchant de la décoration pour le plaisir du camarade prolétaire. Si rien ne vous satisfait, vous avez toujours la ressource d’un bar ou d’un « Mac Do » .  

Rues

Elles se déclinent en majestueux prospects, beaux boulevars (sans « D ») , rues normales, les oulitsa et petites rues voire ruelles, les péréouloks. Elles sont propres et bien balayées, comme les parcs, même si traînent, à quelques endroits stratégiques des pauses de bureaux, mégots et bouteilles de bières.

Les artères témoignent de la rudesse du climat par la présence de quelques ornières, la robustesse des constructions ainsi que par l’épaisseur  des grilles et des ouvrages en fer forgé exposés aux intempéries de la rue.

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 7 juin 2008 6 07 06 2008 21:25
J comme JOURNAUX et MAGAZINES, JEU et les CASINOS 

Dans beaucoup de cafés, sur un présentoir à l’entrée, on propose un quotidien gratuit, le Moscow Times rédigé en anglais. Il est en libre accès bien qu’il ne soit pas toujours très tendre pour la politique des dirigeants russes.

Les Français ont un journal spécifique, le Courrier de Russie qu’on trouve dans les espaces francophones.

Pour acheter les journaux français usuels, il faut aller dans les grands hôtels.

Pourquoi je ne parlerai pas des journaux russes ? Diantre, parce que vous n’en êtes encore qu’à ânonner l’alphabet et que nous avons évoqué brièvement le rôle des médias à « P » comme Politique.

Les magazines sont très prisés, de nombreux magazines français ont des éditions russes. Cet automne, une gigantesque banderole « Madame FIGARO » s’étalait en face de l’ancien bâtiment de la Loubianka pendant que le magazine PSYCHOLOGIES organisait une soirée de lancement.


Les Casinos de jeux  frappent par leur nombre et leur bel aspect clinquant, tous néons allumés. On joue beaucoup et partout à Moscou. C’est un phénomène aussi populaire que le loto de nos cafés mais le décor rivalise avec celui de nos casinos de jeux. De la zone de l’aéroport au Manège près du Kremlin et en passant par tous les quartiers urbains animés, il y a toujours un casino.

 

Z comme ZIBELINE, vison et fourrures

Les Russes portent beaucoup de fourrures en manteaux, en doublure ou en garniture car l’on n’a encore rien trouvé de plus chaud pour se défendre du froid rigoureux!

La précieuse zibeline se trouve au Goum et chez les grands fourreurs mais les démocratiques queues de vison cousues en écharpe s’achètent au marché, dans les boutiques de souvenir… et depuis cet hiver, mais trois fois plus chères, dans les grands magasins parisiens.

La chapka, en vison, renard ou parfois astrakan, se trouve en toute saison dans les grands magasins de luxe mais seulement en automne et en hiver sur les marchés.

 

 

I comme IMMEUBLES et maisons et comme ICONES

IMMEUBLES ET MAISONS


Il y a les immeubles soviétiques de hauteur impressionnante des quartiers populaires, gris et laids et qui auraient souvent besoin d’un petit lifting. Ce sont les fameuses constructions normalisées qui, en leur temps, ont été considérées comme un grand progrès.


Mais, contrairement à nos immeubles de banlieue français, il y a toujours tout autour une zone agréable d’espaces verts et d’arbres, et, systématiquement, une aire de jeux pour les petits. On y trouve des toboggans, balançoires et agrès peints en couleurs vives : jaune, vert, bleu et rouge , parfois des isbas miniatures ou de jolies sculptures de bois représentant des marmottes ou des personnages de contes populaires comme les « trois ours » ou bien encore « le pêcheur et le poisson d’or ».

Dans les centres villes, on trouve de très belles maisons anciennes qui, à Moscou, se rénovent à allure surprenante. En l’espace de quelques mois des rues entières ont été restaurées et leurs aires de jeux d’enfants en même temps : partout de l’herbe nouvelle est semée, les agrès sont remplacés. Les maisons sont appétissantes avec leurs stucs blancs chantilly et leurs couleurs de sorbet. Ce sont essentiellement des maisons de pierre, les anciennes isbas sont rarissimes en ville. Les portes ouvertes ou les porches révèlent une succession de cours intérieures bordée de bâtiments dont l’état est en général moins pimpant.

A côté de ces immeubles anciens se dressent ou se construisent à toute vitesse des immeubles nouveaux de standing qui ne sont pas sans évoquer le développement immobilier de Pékin ou de Shanghaï.

Il y a encore cinq ans, les oiseaux avaient de petites maisons, réalisées par exemple en briques de lait recyclées, suspendues aux arbres devant les immeubles, mais ces coutumes des années difficiles se perdent.

 

ICÔNES :

Ce sont des supports très importants de la religiosité russe, peut-être aussi du sentiment national. Les peintres en sont inspirés par Dieu. Un des plus célèbres est Andreï ROUBLEV (1360-1430). Il a peint la célèbre « Trinité », représentée par trois anges. On lui a élevé une statue à Moscou et le cinéaste TARKOVSKI a fait un film culte de sa vie. Ce film est un peu long et difficile mais il retrace avec une foule de détails et de précisions de nombreuses coutumes russes comme les fêtes libres des jeunes filles au printemps ou les attaques cruelles et brutales des nobles et des brigands. On y retrouve des objets populaires anciens, comme les sacs à dos de bouleau, et des monuments de l’Anneau d’or. Une fois peinte, l’icône devient un symbole et une force par elle-même. Il y a d’innombrables histoires d’icônes qui ont fait reculer par leur seule apparition la maladie ou l’ennemi. Comme nos vitraux du Moyen-Age, par leurs images colorées et réalistes, elles racontent des faits ou des récits saints. C’est avec ferveur que les russes, jeunes et vieux, hommes et femmes, se recueillent aujourd’hui devant les iconostases. Ces dernières sont magnifiques et à plusieurs « étages » (registres) dans les grandes églises, naïves et émouvantes dans les petits sanctuaires de campagne. Quelques icônes sont particulièrement vénérées comme celle de la Vierge de Vladimir ou celle de la Vierge de Smolensk.

 

K comme KREMLIN

« LE » Kremlin, c’est celui de Moscou, ancienne forteresse et palais du pouvoir. Ce fut la résidence des maîtres de la Russie soviétique. Poutine, lui n’y résidait pas, il y venait pour travailler et rentrait tous les soirs dans sa datcha ce qui, pour les Moscovites, semblait expliquer certains embouteillages.


Mais chaque ville de quelque importance, même petite, avait son kremlin défensif entourant un monastère, plusieurs églises et aussi des résidences de chefs princiers, militaires ou religieux. Quelques hauts dignitaires fantaisistes se sont même fait construire des kremlins résidentiels comme celui de Rostov.

 

L comme LYCEE, écoles, élèves et LIBERTE

Lycée :

Le plus ancien se trouve près de la ravissante Ambassade française. C’est auprès de la jolie église Saint Louis des Français que s’élève le lycée neuf, en briques rouges qui a été inauguré par Jacques CHIRAC à la fin des années 90. L’exil programmé au bout de la ligne Vladizmino alimente la polémique. Ce bon lycée aide certainement les entreprises à recruter et à fidéliser leurs expatriés cadres.

Un touriste n’a pas tellement l’occasion d’étudier le système éducatif russe sur place. Mais il peut voir que les adolescents qui fument sous le porche de leurs écoles ressemblent comme des frères aux ados français avec leurs blue-jeans, casquettes et blousons. Il peut entendre des « tubes » identiques et voir que les grands succès de cinéma sont les mêmes et à l’affiche pratiquement au même moment. Les jeunes Moscovites aiment tout ce qui est américain : musique, nourriture, vêtements, Mac Do et Coca-Cola. La ligne politique de la Russie ne passe pas par l’Amérique mais la ligne comportementale des jeunes la suit de très près.

Durant les vacances scolaires, les Professeurs emmènent les écoliers et les collégiens visiter les monuments célèbres. Les maîtresses paraissent assez froides et fermées mais les élèves entourent en riant les touristes avec beaucoup de spontanéité et tentent de dire les quelques mots français qu’ils connaissent.


L’impression de liberté est totale pour le touriste qui va où il veut, dit ce qu’il veut et photographie ce qu’il veut. C’est aussi l’impression qu’on ressent concernant l’homme de la rue.

 

M comme METEO et METRO et Musées

Les caprices de la météo ne dérangent pas la vie, on s’en accommode. L’hiver, on s’habille chaudement. Dans les intérieurs douillets, on mange une nourriture qui tient au corps, on boit un petit coup (de trop?) et on se moque du froid. Pourtant la longue nuit hivernale d’octobre à fin mars peut être oppressante. Aussi dès les premiers rayons de soleil printanier, on remise les habits d’hiver, on se promène, on va dans les datchas et plouf, on plonge dans les étangs. C’est l’été chaud et lourd qui est peut-être le plus difficile à supporter, surtout dans les immeubles bon marché.

Métro 

Construit à partir de 1935, le Métro est un réseau vital de Moscou. Près de 9 millions de personnes empruntent chaque jour ses 280 km de voies et ses 170 stations. Dire que les stations anciennes sont magnifiques relève du lieu commun. Mais les stations nouvelles n’ont rien à envier aux anciennes ni par leurs dimensions, ni la richesse des matériaux employés ni le décor.


Ces stations sont très profondes et c’est impressionnant de se laisser descendre sur l’escalier roulant entre deux rangées de lampadaires qui n’en finissent pas : bonne occasion de réviser son alphabet sur les affiches qui tapissent les murs ! Au bas des marches, il y a toujours une dame dans une petite cabine qui surveille les voyageurs d’un air rogue à moins qu’elle ne somnole un peu. Dans les nouvelles stations, les guichetières travaillent sur ordinateur pour délivrer les billets et il est visible qu’elles en sont fières. Le système de billets est simple et commode. Il faut souligner la fréquence rapide des rames et le fait qu’elles sont très rarement en panne. Le métro est très fréquenté et sûr. Dans les stations, comme en France dans les RER, il y a une multitude de petites boutiques.

Musées

Moscou est une ville riche en musées, tous plus intéressants les uns que les autres. Nous n’allons pas vous les décrire puisque vos guides le font très bien mais nous ne pouvons que vous encourager à leur rendre visite !

 

N comme NATURE - NEIGE et HIVER - NOURRITURE et boissons

NATURE (cf datcha et terre) : steppes et forêts

La forêt est différente des nôtres avec ses bouleaux poétiques, ses trembles, ses aulnes, ses pins et sapins car elle paraît plus légère et plus aérée tout en étant très profonde. Elle est toujours très giboyeuse, on y rencontre encore des loups et quelques milliers d’ours bruns, ces « tsar des bois » qui ont inspiré tant de contes, de récits et d’œuvres artistiques.

On coupe du bois, on n’en ramasse pas, la forêt est si grande ! Les Russes pensent qu’elle est inépuisable et donc ils n’accordent peut-être pas toute l’attention écologique qu’il faudrait à cette ressource vivante et fragile.

Les steppes herbeuses sont encore très sauvages dès que l’on s’écarte des villes. Perdus (un peu) dans l’immensité de la steppe et de la grande forêt, on peut encore jouer à se faire peur ou éprouver ces sentiments de nostalgie triste et de mystère qu’on dit liés à l’âme slave.

NEIGE et magique hiver : la saison froide et obscure est longue, très longue puisque l’automne démarre déjà début octobre et que le printemps ne vient qu’en avril. Mais dès que la neige est là, la magie de sa blancheur s’installe, rehaussant la beauté de la ville et embellissant les datchas même si elles ne sont que des cabanes. Les enfants s’adonnent aux joies de la luge et des raquettes, les patinoires se remplissent. Les corbeaux ne sont pas lugubres mais presqu’élégants sur le fond blanc car leur livrée est noire et grise .Les joues des enfants sont des pommes rouges. Le ciel est bleu comme un bulbe d’église ou bien lourd de nuages de plomb et d’argent où l’on devine le traineau de la Mère Noël. Oui, oui, il y a un Père Noël et une Mère Noël !

Sur les étangs et les bras de rivières gelés, c’est la grande saison des pêcheurs. Qui sont ces petites silhouettes de pingouins ou de sauterelles noires ? Ce sont les pêcheurs, acharnés et patients, installés sur un pliant sur la glace, guettant leur proie au fond du trou qu’ils ont creusé ! Au début et à la fin de l’hiver, ils prennent beaucoup de risques quand la pellicule de glace est si mince qu’elle ne semble plus pouvoir supporter leur poids. Il paraît qu’on est même parfois obligé de sauver quelques inconscients en hélicoptère !

 

La « Neige de Staline » marque au contraire le retour de la belle saison. Elle n’est autre qu’un très joli pollen blanc en touffes. Elle fait partie du vieux folklore russe comme le montre Tarkovski, encore lui, dans son célèbre film sur les années 1400. Après le dégel, tout le monde en a assez du long hiver et tous, sauf les allergiques, sont heureux de revoir la « neige de Staline » !

 

Dégel et fonte des neiges : un moment pittoresque mais très boueux qui dure une petite semaine!

 Les gouttières déversent des trombes d’eau qui stagnent dans les ornières terreuses creusées dans les rues par la neige, le gel et le dégel. On se retrouve en ville dans la situation de nos stations de montagne. C’est le moment d’admirer les gouttières ouvragées des vieilles maisons.

.Pas question de marcher le long des toits : des stalactites s’en détachent dangereusement. Il y a des morts chaque hiver malgré les bordures grillagées des toits. Pour limiter le danger, les gardiens d’immeubles jouent les équilibristes sur les toits, sans protection, pour balayer le reste de neige.

Les immenses congères des parcs et aires de jeux fondent tout en révélant des strates de mégots, de bouteilles voire de crottes de chien comme dans un chantier archéologique. La ville a besoin d’un grand toilettage. Et c’est ce qui a lieu ! Dans les écoles et les aires de jeux, les Parents consacrent une journée au grand nettoyage de printemps. Ces travaux communautaires, qu’on retrouve au Vietnam ou en Chine, sont un aspect positif hérité de la vie collective voire de traditions plus anciennes.

 

NOURRITURE et Cuisine : au prochain chapitre !

 

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 24 mai 2008 6 24 05 2008 15:55
 Il n’y a pas de » C » en russe puisque c’est le S !

Nous sommes donc dans l’obligation d’ajouter un intercalaire français car on ne peut pas oublier un mot  comme « CIRQUE » !

Comme en Chine, le cirque à Moscou est une distraction traditionnelle et prisée dont il faut recommander une séance aux touristes.

Il y en a plusieurs et c’est un spectacle ancré dans la vie moscovite pour la joie des petits et des grands. Les cirques perpétuent un art séculaire où se mêlent clowns, patins et ours brun.  Il y a le  nouveau cirque sur les monts Lénine et le charmant « vieux cirque » sur TSVETNOY boulvar. Toute la famille, au sortir du spectacle, termine par une promenade dans le petit parc voisin.

D comme  DATCHA, isba et autres constructions traditionnelles

Datchas et isbas


Une datcha est une maison de campagne, qui rattache le citadin à la terre russe. Une isba, c’est une maison de bois, une habitation à demeure qui peut aussi devenir une datcha, surtout actuellement.

Datcha et terre

Les Moscovites se moquent pour l’instant de la qualité de l’air mais ils ont un attachement profond pour la « terre ». Chaque Moscovite se débrouille pour posséder ou jouir d’une petite « campagne », maison coquette ou assez misérable cabane, même au bord d’une route à grande circulation. La publicité et l’immobilier des résidences secondaires est en pleine expansion.

Les isbas anciennes des riches paysans sont souvent magnifiques avec leur bois sculpté et ajouré, leur découpe en berceau en dessous du toit et leurs fenêtres à l’entourage ouvragé. Souvent une sculpture ou une décoration révèle les goûts du propriétaire : des anneaux olympiques pour un sportif ou un violon pour un musicien. Le toit a le plus souvent la forme triangulaire classique mais, parfois, il a la forme des granges américaines. Tout dépend des régions et aussi de l’âge de l’isba, les maisons neuves privilégiant ce dernier  mode de toiture qui permet des pièces plus spacieuses au premier étage. Les isbas neuves sont souvent recouvertes de planches jointives en bois et en plastique, leur fenêtres n’ont plus d’encadrement sculpté, tout cela gagne en fonctionnel mais perd beaucoup en charme.


A l’intérieur des maisons de bois, les interstices sont soigneusement bouchés avec une sorte de cordage de chanvre. L’icône figure toujours dans un coin, encadré par son linge blanc. Le mobilier, le linge et la vaisselle représentent d’étranges analogies avec ceux des intérieurs de l’est européen et l’expression « grand Est » est parfaitement justifiée.

Un bel exemple d’isba de noble est la maison de Tolstoï qu’on peut visiter au bout d’une ligne de métro.

Qui dit maisons de bois, dit incendies : chaque village a son isba mélancolique, ruinée par le feu.


E comme EGLISES et monastères en restauration et  ENVIRONS

RESTAURATION des Eglises et Monastères

La  possibilité de célébrer le culte orthodoxe au grand jour, Poutine lui-même se rendant  à certains offices, a entraîné la restauration, voire la reconstruction d’une surprenante rapidité des églises et des monastères.

L’église moscovite du Christ Sauveur en est un exemple typique. Détruite au temps du communisme, elle a été reconstruite dans sa splendeur de marbres et d’or. Chaque année à Moscou, voit surgir de nouveaux  bulbes bleus, noirs ou dorés surmontés de la croix barrée. En fait le plus souvent, il ne s’agit pas de constructions nouvelles mais de restauration d’anciens bâtiments ruinés qu’on ne remarquait plus.

Les cloches, les carillons et les horloges ne sont pas en reste de cette rénovation. Certaines vieilles horloges, ont encore des lettres en slavon au lieu de chiffres. Dans la campagne, on trouve encore des églises de briques en ruines, dévorées par le lierre, mais bien  d’autres aussi où les travaux ont déjà commencé. Ce sont plutôt les anciens locaux des foyers de la jeunesse et de la culture communistes qui auraient besoin parfois d’un petit coup de remise à neuf ! Ainsi va l’histoire. D’autres souvenirs de l’époque communiste peuvent se  rencontrer dans des cimetières de campagne qui  sont aussi laids que les nôtres avec leur fouillis de croix et leurs concessions entourées de petites grilles. Mais ce qui est attendrissant ce sont les petites tables et bancs qu’on y trouve. Ces derniers servaient à faire une petite collation tout en évoquant les qualités du défunt : une bien jolie façon d’honorer les morts en l’absence de cérémonie religieuse.

Mais revenons à nos églises, de briques ou de pierre blanche selon les endroits. Même grandes à l’extérieur, elles paraissent beaucoup plus petites à l’intérieur, les murs sont si épais.

Dans l’atmosphère baroque aux couleurs chaudes, à la lueur des cierges, couleur de miel, et dans l’odeur de l’encens, les fidèles se recueillent devant l’iconostase ou les reliques. Ils sont nombreux, parmi eux des jeunes et des hommes, et la ferveur est palpable.

Est-ce l’expression d’un sentiment religieux  ou de la religiosité due à une communion dans un même sentiment patriotique ? Quelques jours ne suffisent pas pour apporter une réponse.






ENVIRONS


Rien de tel pour mieux comprendre Moscou que de visiter ses environs.

Vous devrez faire des choix difficiles entre toutes les belles excursions vers des sites intéressants des environs de Moscou décrites par votre guide. En sortie d’une demi-journée, d’un, deux ou trois jours , le choix est vaste entre les monastères, les palais, les églises ou tout simplement la nature.

Une échappée  très instructive est de suivre la route de l’Anneau d’or jusqu’à 300 km de Moscou. Des villes, des églises et des monastères forment un périple en cercle, avec une appellation touristique faisant  référence à l’anneau symbolique. SOUZDAL et VLADIMIR sont deux étapes particulièrement instructives car elles sont comme un grand résumé, l’une d’une petite ville et l’autre d’une ville moyenne de la campagne moscovite. En allant de l’une à l’autre, on découvre les villages paysans et l’on peut suivre la trace des monastères de St Serge, pionnier de l’unification russe et de la lutte contre les Tatars. C’est à Sergueï Possad que l’on peut admirer l’icône de la Trinité…et que l’on fabrique les « boules » de Noël en bois représentant des monastères, vendues  au marché d’Ismaïlovo.

La petite ville touristique de SOUZDAL, au bord de la rivière Kamenka, datant au moins du 11e siècle,  est un concentré d’histoire et de monuments typiques : kremlin, cathédrale avec sa riche iconostase à 5 registres et ses chandeliers contrastant avec la sobriété de la petite église en bois de l’écomusée où les chandeliers sont remplacés par…un bac à sable pour planter les fines et longues bougies usuelles, monastères de St Euthyme avec son carillon, autres monastères restaurés ou non, chambres d’hôtes du couvent de l’Intercession  avec son restaurant où l’on retrouve le décor d’une vieille isba. Mais la ville aussi est intéressante avec ses marchés, la galerie marchande voulue par la grande Catherine, son centre ville et sa longue rue, et  même son complexe hôtelier qui veut imiter les chambres du monastère mais avec le confort qui plaît aujourd’hui aux nouveaux riches des pays de l’est. La population est bien plus souriante qu’à Moscou malgré les problèmes récurrents de chômage.


D’une ville à l’autre, on traverse de charmants villages-rues où chaque fenêtre d’isba mériterait une photo.   Les paysans semblent s’en être allés et les commerces, s’il y en a, sont bien cachés. Les maisons sont occupées par des retraités ou transformées en résidence secondaires. Les petits jardins sont bien clos pour protéger les cultures et les animaux domestiques des prédateurs venus des immensités environnantes. On y voit de drôles de pommes qui ressemblent à des kakis.

VLADIMIR est une ville moyenne avec une  périphérie industrielle et un  quartier résidentiel accroché au versant de la colline. Le  centre ville est  élégant et envahi par cent boutiques de téléphonie mobile. L’on y trouve encore une vraie cantine communiste typique et très fréquentée. Les plats  sont agréables à des tarifs très bas et le décor  se veut plaisant. Les tables sont ornées d’ un petit bouquet et de verres dessinés exprès pour embellir les cantines. Au fronton de la  porte Saint Martin, nous voyons une effigie de  la célèbre  vierge de Vladimir  et en haut de la tour, un musée militaire et un diaporama très réaliste sur les attaques tatares et  mongoles au temps où les princes de Russie étaient faibles car divisés. Vladimir regorge de monuments comme la Cathédrale de la Dormition ou l’église St Dimitri, près de la Maison de la noblesse,  qui font le bonheur des mariées immaculées pour les photos de noces. Après la traversée des voies du Transsibérien, on entreprend le trajet onirique vers l’église de l’Intercession, située dans le lointain, au bord de la Nerl..


Transsibérien, que de magie dans ton  nom !  Un jour ou l’autre, si l’on aime les paysages infinis de la grande Russie, il faudra sacrifier à ce rite, au moins jusqu’à IRKOUTSK  et au lac BAÏKAL, peut-être même  jusqu’aux marches frontières de ces terribles mongols qui ont fait trembler Russes et Chinois.

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A suivre : le prochain chapitre débutera par « J »
Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 17 mai 2008 6 17 05 2008 13:13
Les Moscovites, dans la rue, sont très, très sérieux, voire renfrognés. S’il vous arrive un incident, débrouillez-vous ! On ne vous aidera pas spontanément si vous glissez sur une plaque de verglas ou si on vous voit chercher votre chemin. Mais si vous demandez de l’aide, non seulement on ne vous la refusera pas mais elle sera efficace. Par contre, avoir un sourire ou la complaisance spontanée d’un passant, d’une employée de poste, d’une vendeuse ou même d’une serveuse est un cadeau rare. On ne se relève pas en un jour du système soviétique. Le rude climat continental y est peut-être pour quelque chose. La vie quotidienne moscovite est sérieuse mais il en va tout autrement dans les fêtes, souvent exubérantes. Les Moscovites rencontrés ont été accueillants ou indifférents à notre nationalité de Français mais jamais hostiles.

Les jeunes filles sont jolies et élégantes avec leurs bottes aux talons aiguilles improbables par neige comme par verglas. On est très « habillé » à Moscou, même quand les conditions météorologiques sont difficiles. Il est inconcevable de ne pas l’être pour sortir. Ne partez pas à Moscou l’hiver avec votre vieille doudoune et vos après-ski éculés, vous ne donneriez pas une bonne image. Les jeunes filles ne sont pas aussi fines et racées que leurs homologues de Saint-Pétersbourg mais elles sont le plus souvent minces, l’obésité des jeunes est encore presqu’inconnue. Elles sont vêtues dans le style H&M, Zara ou Esprit et scotchées à leur téléphone portable tout autant qu’en France, les jeunes gens n’étant pas en reste. Les samedis, on rencontre des bandes d’allure inquiétante par leur nombre et les bouteilles de bière qu’ils tiennent à la main. Ils n’ont pourtant pas d’intentions mauvaises, ce sont tout simplement des jeunes, heureux d’être ensemble, qui n’ont pas les moyens de s’offrir l’abri d’un café et qui s’approprient donc les parcs et les recoins tranquilles

Les babouchkas ressemblent à nos grand-mères d’antan. Elles sont corpulentes à force d’avoir fait de durs travaux sans avoir le temps de s’occuper d’elles et de manger autre chose que des nourritures roboratives. L’hiver, elles arborent de gros bonnets tricotés sans grâce, mais elles parent leurs petits-enfants de jolis bonnets tricotés, eux, dans de tendres ou vives couleurs avec l’écharpe assortie. Plusieurs d’entre elles constituent un témoignage vivant du dysfonctionnement des retraites. Elles travaillent et de tout leur cœur jusqu’à un âge très avancé, soixante-dix, quatre-vingts, c’est difficile de leur donner un âge. Il y a quelques mois au cœur de Moscou, on voyait encore beaucoup de babouchkas campagnardes qui vendaient quelques produits de leur jardin ou des écharpes et des moufles tricotés voire des lacets ou des couverts de pacotille imitant la belle argenterie. Les chantiers et les rénovations ont sans doute chassé ces babouchkas.

On ne peut pas ne pas remarquer qu’il y a là un grand problème au milieu de la course à la prospérité.

 

Les fumeurs: « fumer une clope », c’est un sport national pour jeunes et vieux. Quelle que soit la météo et tant pis s’il gèle à pierre fendre, on sort périodiquement des ateliers, des écoles et des bureaux pour en « griller une » comme cela se voit maintenant en France. Mais comme en France actuellement, ces assemblées de fumeurs sont conviviales et joyeuses. A nous touristes, elles donnent l’occasion de côtoyer des groupes d’employés, de gardes et de grands écoliers, bref des gens classés par catégorie que nous ne voyons que mélangés dans les rues.

Un groupe d’hommes russes est une assemblée massive en comparaison de laquelle un groupe français paraît bien fluet.

 

Les beaux immeubles et les bureaux sont tous surveillés par des gardes impassibles. Il y en a qui passent leur journée en surveillance à l’extérieur dans la chaleur continentale de l’été ou la froidure de l’hiver. Ce sont les plus enragés des grilleurs de cigarettes, seule fantaisie à leur portée !

Les deux attentes des Moscovites paraissent être l’accession à la propriété et le maintien de l’ordre qui favorise la vie économique. Les Russes ont été très pauvres, brimés par une vie communautaire plutôt subie que choisie. Cela ne fait qu’une dizaine d’années qu’ils ont renoué avec la liberté et des conditions de vie moins misérables. Aujourd’hui, ils aspirent à posséder et à jouir. Plus tard, sans doute, auront-ils envie de plus de démocratie, mais maintenant, ils sont heureux d’aller et venir à leur guise et de commencer à posséder des biens.

Néanmoins pour les petites gens, la vie est encore dure. Les horaires de travail sont lourds. Pour beaucoup, c’est toujours « marche ou crève » ce qui rend les gens âpres mais aussi débrouillards, l’assistanat n’existant pas. Mais si l’on observe les gens que l’on connaît et qu’on les rencontre à quelques mois d’intervalle, on voit que les situations progressent. Ce qui, à notre point de vue, est frappant quand l’argent rentre, c’est que le premier réflexe ne semble pas être l’épargne ou la constitution d’une retraite mais bien la satisfaction immédiate, compréhensible après tant et tant de décennies de privations et de misère. Comment réagissions-nous au lendemain de la guerre ?

Culture et musique

Les Moscovites, même ceux des couches très moyennes de la population, sont cultivés et s’intéressent aux arts. La musique tient une grande place. Les enfants ont très souvent une éducation musicale. Les salles de spectacles sont très fréquentées.

Une bonne russe peut tout à fait inciter sa patronne française à aller voir une pièce de Dostoïevski qu’elle a elle-même a appréciée. C’est un conseil qu’elle ne donnerait peut-être pas à sa patronne russe, beaucoup plus formaliste sur la différence entre les « classes ». Il y a des idées communistes qui subsistent et d’autres où nous Français sommes sidérés par leur renversement rapide.

Les Moscovites sont vraiment des Russes Blancs ! Rencontrer un Noir à Moscou est très exotique et sa couleur n’est pas très bien vue. Les Blancs dominent et de loin, suivi par les travailleurs de type asiatique ou à peau foncée provenant des autres républiques. Le Russe n’est pas franchement enthousiasmé par le mélange multiracial. Quelques uns disent même que c’est un grand service que la Russie a rendu à l’Europe puisqu’elle a contenu les hordes mongoles et l’immigration asiatique. Débarquer de Paris ou de Londres à Moscou est à cet égard surprenant.

Expatriés 

Leur durée de séjour moyenne est de 3 à 5 ans. En général, ils se plaisent à Moscou surtout si la société qui les emploie comme cadres fait de bonnes affaires puisque cela se répercute sur le confort de vie et d’installation. C’est surtout vrai pour les sociétés qui ont flairé le renouveau et pris le risque de s’installer en Russe dès les années 90. Les Russes sont attachés aux marques et en particulier aux marques étrangères qui sont venues s’installer sans attendre, dès le début du boum économique, et ont fait leurs preuves.

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Prochains chapitres : D , E , J et Z ...qui n'est pas la fin!
Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 17 mai 2008 6 17 05 2008 13:08

L’image de voitures de plus en plus nombreuses et de plus en plus neuves et belles, déjà entrevue au sortir de l’aéroport, se confirme : voitures des classes moyennes, voitures très reconnaissables des nouveaux riches. On voit de magnifiques limousines aux vitres noires comme dans nos romans d’espionnage, des 4x4 gigantesques et rutilants, toutes radios allumées. Très curieusement, ces belles voitures ne semblent pas provoquer de révolte chez les prolétaires qui les voient passer mais plutôt de l’amusement. Avoir une plaque avec le chiffre 7 est le summum, je n’ose imaginer les intrigues pour en décrocher une. A Shanghaï ou à Pékin, on retrouve le même engouement pour les chiffres porte-bonheur. Les camions et les vieux cars brinquebalants qui étaient encore de moitié dans la course, il y a quelques  mois, font figure du passé. La conduite est sportive, à l’intimidation, et le reflexe sécuritaire n’est que très embryonnaire.

Les taxis sont pratiques mais souvent les vieilles Ladas noires n’ont pas de compteur. Il est prudent de choisir une voiture avec compteur et de discuter, avec fermeté et à l’avance, le prix de la course.

La voirie de Moscou est bonne avec des ornières inévitables à la sortie de l’hiver. Le déneigement est très bien organisé. Néanmoins, les matins d’hiver sont rudes pour les automobilistes. Ils découvrent leur voiture enfouie sous  une couche de neige fraîche et sont obligés de zigzaguer le long des congères, dans une ville à embouteillages chroniques.

 Les embouteillages sont actuellement la plaie de la circulation moscovite. Tout y contribue, le nombre de voitures en constante augmentation, quelque peu les déplacements des officiels et surtout les innombrables chantiers  de construction des nouvelles stations de métro, des nouveaux immeubles et centres commerciaux. Il faut avoir le plan de la ville en tête et trouver rapidement l’itinéraire bis de contournement. Pour prendre son avion, mieux vaut prévoir une marge d’avance.

Le plan de Moscou est très lisible comme celui des quatre périphériques qui l’entourent sous forme d’anneaux concentriques. Une très jolie formule dit que Moscou est comme un caillou jeté dans l’eau qui fait des « ronds ». Cette disposition repose peut-être sur une symbolique, l’anneau étant  un très vieux talisman russe. Les quartiers sont bien différenciés les uns des autres, nichés à l’intérieur des différentes ceintures.

La première ceinture qui enserre le Kremlin et Kitaï –Gorod est celle des « boulevards » (9km), puis vient la ceinture des » jardins », en troisième lieu celle qui marque le début de la nouvelle ville et enfin la grande rocade de 110 km qui marque les limites de la ville.  

Dès que l’on sort de la ville, commencent les premières datcha et les premières publicités de programmes immobiliers de résidences, pardon de datcha, secondaires. Encore plus loin, dans la campagne et la forêt, apparaissent les premiers villages, villages- rues, bordés d’isba où, fait curieux pour nous, les conduites de gaz sont en hauteur et non pas enterrées.

Les autoroutes et grandes routes ressemblent aux nôtres avec une bonne signalisation. Il en va tout autrement pour les petites routes de campagne qui ne sont souvent que de simples pistes avec peu ou pas de signalétique. On peut s’égarer très facilement dans ces paysages uniformes de forêts ou de plaines immenses qui font irrésistiblement penser à la retraite de Russie dès la première neige.

Au bord des grandes routes et même de l’autoroute, on trouve de petits marchands :  des vendeurs de grandes peluches ou de prianik, brioche traditionnelle qui peut prendre la forme d’une fleur ou d’un papillon, ou d’autres, plus insolites pour nous Français, comme des ouvriers d’usine obligés d’écouler eux-mêmes leur production de verrerie.

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Mardi 6 mai 2008 2 06 05 2008 18:44

 


BAINS


Il faut avoir le cœur solide pour passer de la vapeur quasi-bouillante à l’eau glacée et être un peu masochiste pour se fouetter  aussi allégrement avec un éventail de feuilles de bouleau. Mais les bienfaits sont parait-il à la hauteur et c’est une tradition bien ancrée et conviviale qui vaut la peine d’être vécue.  
De toutes façons, les Russes adorent l’eau vivifiante et dès la sortie de l’hiver, des courageux vont faire trempette dans les étangs avoisinant la ville.


BOLCHOÏ
 (« grand »)


On ne peut pas passer sous silence ce monument de la Russie même si on confie à vos guides et ouvrages divers le soin de vous parler de tous les  autres théâtres et musées. Pendant votre cours séjour à Moscou, il vous faut aller au Bolchoï qui revêt une  telle importance dans la vie culturelle. Moscou est une ville extrêmement ouverte à l’art. L’employé modeste comme le nouveau  riche vont au Bolchoï et aux spectacles de théâtre . Cela fait partie des occupations normales du citoyen tout comme la visite des magnifiques musées.  L’art d’avant-garde ou dissident est davantage réservé aux intellectuels et aux mieux nantis.


BOUTIQUES, PETITS MAGASINS ET GRANDS MAGASINS


Lors de ses premières promenades, le visiteur ne va pas manquer d’être frappé par le nombre de boutiques de fleurs et de pharmacies.
A tous les coins de rues…fleurissent les boutiques de fleurs qui ne sont le plus souvent que des kiosques. Les Russes offrent des fleurs  et en  achètent pour eux, à toute occasion. Les pharmacies, « apteka », sont partout, même dans l’enceinte du Kremlin. Elles sont numérotées et organisées en chaînes identifiables grâce au bandeau de couleur de  leur enseigne , verte ou rouge..L’intérieur est fonctionnel et bien organisé avec une part prépondérante donnée à la phytopharmacie et aux produits naturels. On y trouve des spécialités françaises en  nombre croissant mais rarement les présentations pédiatriques. On peut donc se débrouiller sur place en cas d’imprévu mais mieux vaut emporter ses médicaments usuels et quelques produits d’urgence, surtout si des enfants vous accompagnent.


Epiceries 


Les grandes surfaces sont encore plutôt réservées aux classes moyennes, soit à cause des prix soit parce qu’il faut une voiture pour s’y rendre ou transporter les achats. L’approvisionnement courant se fait dans les épiceries. Celles-ci sont soit du genre de  supérettes en dur, les « magazin », avec un système self, soit de petites baraques  posées sur le trottoir de type Algeco, les « producti ». . On y vend les produits de première nécessité, les boissons et les différentes sortes traditionnelles de pain. Le soir, à la sortie des bureaux, on y fait la queue. Les confiseries, les friandises, les cigarettes, les légumes se vendent dans des boutiques similaires. L’étal des fruits et légumes est bien fourni et, contrairement à notre précédent séjour, offre pratiquement la même variété qu’en France. Rares sont encore les babouchkas qui vendent la production de leur jardin ou les petits marchés sauvages. La multiplication des chantiers en a grignoté les territoires, c’est l’une des explications.

 Les  vrais marchés sont nombreux et plaisants : fruits, légumes, épices, poissons, viandes, artisanat. Les poissons frais ou séchés sont intéressants à observer sur les étals des marchés ou dans les vitrines réfrigérées des supermarchés : il y a tellement de variétés et aussi de présentations inédites pour nous. Cela dit, il n’est pas certain que nous régalerions avec tout ! On trouve encore du caviar mais c’est de moins en moins une bonne affaire, surtout si l’acheteur n’est pas russe .  Les marchés seraient mis en coupe réglée par les Caucasiens mais cela est une autre histoire.

 
Supermarchés :


Le premier supermarché fut, paraît-il, irlandais puis apparut un « SEDMOÏ CONTINENT », bientôt suivi  par d’autres, au cœur de Moscou ,qui ont fait découvrir aux Moscovites les joies des grandes surfaces.
AUCHAN (« Achann ») a ouvert une première enseigne près d’IKEA, nous en avons visité deux autres , le dernier dans un complexe particulièrement luxueux où l’on retrouve la plupart des franchises françaises. Ce qui change dans les supermarchés actuellement, c’est que ce ne sont plus seulement les riches et les expatriés qui les  fréquentent mais que de vraies ménagères y poussent aussi  leur chariot.

 


Boutiques de vêtements, de maroquinerie, bijoux et parfums
 


Dans la moyenne gamme des boutiques on trouve les principales marques françaises, Yves Rocher, Etam, Lacoste…,  des marques européennes comme H. et M. ou Zara. Les Russes adorent les marques, semble-t-il parce qu’en plus de l’objet, on achète une histoire et une référence. Dans le commerce de luxe, toutes les grandes  maisons françaises  sont représentées aux côtés des marques internationales. Chanel est une des plus anciennes marques connues à Moscou depuis la liaison de Coco avec le grand-duc Dimitri et ses attaches avec les Ballets Russes de Serge Diaghilev. Jusqu’à fin novembre, le célèbre Musée Pouchkine lui a consacré une belle exposition. Inversement, si nous  voyons en France en ce moment des images de Gorbatchev, c’est assis dans une  limousine… à côté de son sac Vuitton ! Les Russes ont une certaine  reconnaissance dans leur préférence vis-à-vis des marques étrangères :ils préfèrent celles qui n’ont pas hésité à s’installer chez eux avant que cela ne devienne « trendy ». Les boutiques russes ou asiatiques sont très présentes aussi, dans toutes les gammes de qualité. Bref, on trouve de  tout et à tous les prix.

 La culture n’est pas oubliée et l’on trouve de bonnes librairies avec tous les succès européens du moment. Il est intéressant de voir quels sont les fonds de vente des auteurs français : Sagan  en a toujours été une constante.  Ces librairies vendent également des partitions musicales et de la carterie. Mais dénicher une simple carte postale à Moscou n’est pas toujours évident : si on en trouve, mieux vaut en faire provision.

 
Galeries et centres commerciaux 


 
Il s’en ouvre sans cesse  de nouveaux, tous plus magnifiques les uns que les autres comme l’ATRIUM, un des derniers en date. L’on y retrouve des enseignes françaises en bonne place. Si ces centres se développent, c’est qu’il y a apparemment une clientèle et on comprend que Moscou puisse être le lieu d’une foire aux millionnaires !


Les Magasins mythiques :


Il n’y a pas si longtemps, les beriochkas, les boutiques d’état, étaient la seule ressource des étrangers. Celles qui existent encore sont devenues des boutiques de souvenirs sans grand relief.
Par contre, l’ancien magasin de la nomenklatura, le DIETSKY MIR, le monde des enfants, est devenu un grand magasin non seulement de jouets mais aussi  de livres et d’accessoires, très bien achalandé et attrayant. Pourtant des bruits courent qu’il pourrait fermer. Le GOUM est un espace magique de boutiques de luxe et de moyenne gamme où l’artisanat russe n’occupe plus qu’une place qui se transforme en peau de chagrin. Yves ROCHER y figure depuis très longtemps Le TSOUM, fraîchement rénové, est un concurrent sérieux et magnifique qui a choisi résolument le haut de gamme. Non loin du Kremlin, les magasins du Manège sont un lieu très couru.


MOSCOU BY NIGHT 

Vie intense et spots  nombreux, il y aurait matière à un autre article, très fourni, sur la riche vie nocturne !Mais  cet abécédaire est résolument  tourné vers la vie diurne et vous laisse sur votre faim !

 

 

Prochains chapitres : V comme Voitures et G comme Gens

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Dimanche 27 avril 2008 7 27 04 2008 10:41

... cyrillique bien sûr.

Saint Cyrille a gardé le prestige du nom  mais Saint Méthode est pour beaucoup dans son élaboration ! Le russe est une langue difficile, avec des déclinaisons et beaucoup de subtilités. Rien à faire vous ne l’apprendrez pas en trois semaines! Mais ce serait une sage décision d’apprendre les 30 lettres et les trois sons muets de l’alphabet cyrillique. Le Métro combiné à la marche à pied constitue la meilleure formule pour découvrir la ville  .Mais  si vous ne savez pas lire le nom des stations et des rues, ce sera un handicap certain dans la rapidité et la sûreté de vos déplacements. Le métro a fait récemment un petit effort en adoptant une couleur par ligne et un panneau d’affichage en lettres occidentales par station mais vous risquez fort de ne pas le voir car les quais sont très longs… et souvent les noms diffèrent aux correspondances. D’autre part, beaucoup de mots rencontrés dans les rues commerçantes ont des racines semblables aux termes français ou anglo-saxons (parking, café, commerces...) et vous serez donc beaucoup moins perdus. Et puis vous apprendrez vite des mots comme ruelle, rue, boulevard, thé, eau (péréoulok, oulitsa, bulvar, tchaï, voda,…) et vous aurez l’impression amusante  de devenir un vrai Moscovite. Pourquoi ne pas mettre à profit vos 3 heures d’avion (trajet direct) pour apprendre l’alphabet ?

La langue est le russe, point barre. A part les enseignes de pub et quelques inscriptions rarissimes rien n’est fait pour celui qui ne connaît pas l’alphabet cyrillique. Mais avec un bon livre–guide, un sourire -qui ne vous sera pas toujours  rendu- et  quelques mots-clés  comme drasvoutié, davidsenia, pajaousta et spassiba (bonjour, au revoir, SVP et merci), vous passerez un excellent séjour..

Pour vous dépayser immédiatement, prenons les 19 premières lettres de l’alphabet dans l’ordre russe en faisant semblant d’ignorer qu’il y au moins trois sortes de » i », que les « e » sont eux  aussi une trilogie et en oubliant délibérément les diphtongues et les signes dur et mou. Dans ce curieux alphabet, une syllabe peut donner un son différent de chacune des deux lettres qui la compose : l’alchimie du couple !

 

A comme ARRIVEE  et comme AEROPORT de  CHEREMETIEVO, du nom, paraît-il, d’un grand propriétaire terrien.

Avec deux heures de décalage par rapport à la France, vous voici à Moscou !

L’organisation de la douane y est plus fluide et on arrive à arracher un sourire à la dame des passeports avec un drasvoutié (bonjour) au  mauvais accent : cette brèche de cordialité dans l’impassibilité revêche héritée du système communiste est le premier signe des changements opérés par rapport à un précédent voyage, il y a quelques mois.

Visa :Il faut un visa pour la Russie et des dates bien fixées au départ  pour l’aller et le retour. Si vous voyagez en groupe, aucun problème. Si vous partez en individuel et que vous n’êtes pas très patient, mieux vaut consentir un petit sacrifice financier pour faire faire votre visa par une agence spécialisée (prix d’environ 60€) ; faire la queue à l'Ambassade de Paris exige des nerfs solides.

Route Aéroport-Centre de Moscou

La route de 80km qui conduit à la ville est un digest  très représentatif de tout ce qu’on verra tout au long du séjour. Ce chemin est actuellement très embouteillé, on a donc tout loisir de regarder.

Normalement, il faut compter une heure  pour le trajet aéroport-centre mais à cause des nombreux chantiers et de l’augmentation faramineuse des véhicules, selon les heures, cela peut-être le double ou le triple… par exemple matin et soir quand Poutine fait le déplacement de sa datcha au Kremlin dans l’un ou l’autre sens.

Sur le chemin qui conduit à la ville, on longe d’abord quelques bois, premier aperçu des mythiques bouleaux et un de ces grands parcs qui font partie  intégrante de la vie moscovite.

Plus tard, on verra les grands immeubles d’habitations de type soviétique, les nouvelles constructions de standing, des enseignes des supermarchés et grands magasins européens comme AUCHAN et IKEA qui ont eu tant d’influence sur la façon d’habiter et de se meubler de la classe moyenne moscovite.

Nous passons à côté du célèbre  stade Dynamo et des premières gares de métro et nous entrons ainsi  au cœur de la ville. Les boutiques traditionnelles, les pharmacies (apteka), les enseignes de couturiers, les casinos de jeux rutilants et les  nombreux petits kiosques de marchands de  fleurs (tsveti) se succèdent. Les russes adorent les jeux et les fleurs.

On est surpris par le bon état des voitures, camionnettes et des camions. Il y a encore 18 mois, les véhicules brinquebalants antédiluviens étaient très nombreux, maintenant c’est l’exception. La circulation est devenue internationale, on croise des camions de toute l’Europe., même de PME françaises. Les plaques d’immatriculation sont toutes aux normes, bien visibles.

Poussière  Toutes les voitures sont terreuses et poussiéreuses, témoignant ainsi des l’existence de sols friables et  de pistes de terre dès qu’on sort de l’agglomération pour la campagne alentour. Moscou elle-même est terreuse, surtout après la fonte des neiges.

Publicité :  tout au long du trajet vers la ville, fleurissent en rang serré des publicités en anglais et en russe vantant toutes les grandes marques rencontrées en Europe et aux USA. Elles concernent surtout des voitures ou du matériel  hi-fi  mais aussi des séries TV comme «  Sex and the City. » ou « Guerre et Paix (Boïna e Mir)« Cette dernière  est une excellente promenade -souvenir à travers les monuments de « l’Anneau d’Or » à quelques centaines de km de Moscou, car bien des scènes y ont été tournées,  illustration d’un chef-d’oeuvre littéraire et images de monuments typiques comme la Maison de la Noblesse de la ville de  Vladimir.

Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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Samedi 26 avril 2008 6 26 04 2008 15:57
Les médias sont la voix de la France mais non celle de tous les Français sur tous les sujets.
 
En effet, on  peut s'interroger, par exemple, sur les descriptions qu’on nous fait des grands pays de la sphère communiste ou ex-communiste, en développement  rapide, comme la Chine ou la Russie. L'image renvoyée semble fondée davantage sur l'arrogance et la peur que sur la connaissance réelle de terrain.
La  France de l'écrit et des lucarnes ramène à notre échelle de petit pays des territoires immenses dont les problèmes sont en proportion. Elle oublie que les mentalités asiatiques et slaves ne sont pas toutes cartésiennes et doivent être appréhendées différemment. Elle se pose en championne de la démocratie en oubliant que nous ne sommes pas en France à l'aube d'un régime libéral ( 10 à 20 ans) mais que nous bataillons depuis 1789 ( 220 ans) avec des hauts et bien des bas et même une époque coloniale.
 Pourtant une connaissance objective et sereine est  la condition d'une vigilance efficace.
 
Ayant eu la chance de faire quelques séjours bien intégrés dans la vie quotidienne en Chine, en Inde comme en Russie, je me propose de vous faire faire pour commencer, un PETIT VOYAGE ALPHABETIQUE, à travers LA VIE DE TOUS LES JOURS, de MOSCOU et de ses ENVIRONS. Il me paraît important avant d’aborder les principes, voire les anathèmes, de voir tout simplement comment  vivent les gens et quel est leur  cadre journalier.



En cette année électorale, choisissons d’abord la lettre « P » comme POLITIQUE .
De quelle façon la politique s’insère-t-elle dans cette approche très quotidienne ?
S’il est impossible pour un touriste d’en avoir une connaissance documentée  et globale, il peut néanmoins recueillir des impressions.

Après les élections de l’automne qui ont consacré la victoire de Poutine, comment ne pas être frappé par le décalage entre les descriptions des médias français et la réalité observée dans les rues de Moscou ?
Les journaux français, à quelques exceptions près, se sont attachés majoritairement aux aspects de  trucages des élections, à l’écrasement des partis d’opposition et à l’aspect autocratique.
Or ce vote ne paraissait pas même indispensable puisque des sondages unanimes, reflétant parfaitement la volonté populaire, donnaient Poutine largement gagnant. Nous donnions une grande importance à Kasparov qui pour l’homme de la rue demeurait le joueur d’échecs génial si ce n’est le candidat qui plaît aux Américains. Peu de nos journaux ont fait état de l’influence d’Internet. On peut brider journaux et surtout télévision, mais il y a le web et c’est une différence énorme avec la période des dictateurs tsaristes ou communistes. De plus en plus de Russes ont accès au web et peuvent savoir ce qui passe ailleurs.
Poutine, un tyran ? Cette question paraît assez étrange à un Russe de la rue qui en a connu de véritables il y a très peu de temps.  Le Russe va où il veut, il apprécie sa liberté individuelle actuelle. Il fait une différence entre son sort et celui d’espions ou de dirigeants qui se joue dans une sphère politique, féroce et inquiétante mais totalement étrangère à l’homme de la rue.
Pour ce dernier et pour l’instant, cet état embryonnaire de démocratie suffit, l’amélioration de sa vie matérielle étant le point important.

Poutine est populaire parce qu’il incarne à la fois le sursaut d’orgueil national  et l’ordre qui permet aux affaires de prospérer.
Qu’il y ait, pour l’instant, un déficit démocratique par rapport à nous, cela ne fait  guère de doute. Soyons attentifs et vigilants. Mais peut-être appartient-il aussi à l’Occident de ne pas désespérer les Russes. Les Russes sont fiers de leur pays et de leurs racines,  le renouveau de l’orthodoxie pouvant s’expliquer en partie par ce sentiment. Ils sentent que la flambée énergétique leur donne un nouvel atout. Certes Poutine en joue mais il a compris qu’il fallait restaurer cette fierté après des années d’humiliations occidentales.
Aujourd’hui, l’homme de la rue lui sait gré de mettre un certain frein au pillage des plus rapaces et de lui permettre de se jeter lui aussi dans la course à la consommation. Celle--ci n’est pas encore à la portée de tous. Mais les exclus sentent qu’avec l’accroissement rapide et constant de la classe moyenne eux aussi, ou du moins leurs enfants, pourront un jour en faire partie.
Il y a une dynamique de l’espoir palpable dans le bouillonnement des changements et progrès accélérés.
Voilà les impressions que l’on peut recueillir à Moscou en se mêlant à sa vie.

Sur place, il est impossible aussi d’oublier la dimension géographique de la grande  Russie et son lourd  passé historique dont une nouvelle page vient à peine de prendre naissance il y a une vingtaine d’années.
N’oublions pas qu’il y a eu en France un long chemin politique de la Révolution à nos jours et une évolution parallèle de nos conditions de vie.. La France est un petit pays, prompt à donner des leçons et à  juger à l’aune de ses vérités politiquement correctes. Elle n’est pas sensible à la géographie et il lui arrive d’oublier sa  propre histoire et de ne pas s’interroger sur celle des autres.

La Russie est un immense pays en pleine mutation, entre Asie et Occident.
Moscou en est un aspect moteur et le carrefour d’allure européenne d’influences venues des profondeurs des montagnes et des steppes du grand Est. 

______________________________________________________________________________________
Prochain chapitre de l’ »ABECEDAIRE INTIMISTE de MOSCOU » : la lettre A !
Chapitres suivants :B  – V  - G  - D et E -  E (suite)J,Z -  I,K,L et M –  N -O,R,S -  S(suite)-T-F
Par Franzi - Publié dans : Abécédaire intimiste de Moscou
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