Santé
Vu les prix pratiqués et la qualité des soins, il est important pour le moscovite de base de prévenir plutôt que de laisser les petits maux s’installer. On évite les rhumes en s’habillant exactement comme la météo l’exige. Les enfants ont des tricots de corps l’hiver, des bonnets, des gants et des bottes fourrés. Les Russes qui viennent en France sont absolument surpris de voir nos enfants en T-shirt l’hiver avec le nez qui coule ! Si le mal s’installe, on essaie d’abord les moyens du bord : pas d’antibiotiques mais une bonne inhalation ou un remède aux plantes ! Mais on ne peut qu’être frappé par les nombreux cabinets de dentistes et stomatologistes qui se sont ouverts à tous les coins de rues. Les étrangers ont leur propre circuit médical, efficace mais cher (90 € la consultation banale !) et c’est dans ces centres que le touriste a intérêt à se rendre en cas de problème.
Services et amabilité: la poste et les distributeurs de cartes bancaires
La poste : quels progrès en peu de mois ! On y trouve maintenant des produits dérivés comme en France : colis, enveloppes illustrées, pré-timbrées, assortiment de cartes pour les fêtes, calendriers. La rapidité du courrier a quelque peu progressé, on peut avoir une lettre de Russie en France en une dizaine de jours. Par contre l’envoi de colis internationaux entre particuliers est moyennement sûr.
L’amabilité est réservée à l’appréciation du guichetier - qui est majoritairement une guichetière ! Mais on peut trouver maintenant quelques postières agréables, surtout parmi les plus jeunes qui n’ont pas été formées à l’époque soviétique.
C’est un caractère constant des services publics et même, fait plus surprenant, des commerces et des restaurants que ces employés grincheux qui ont l’air de vous rendre un douloureux et ennuyeux service.
Distributeurs pour cartes bancaires : ils sont nombreux, avec ni plus ni moins d’aléas qu’en France.
Sens de la Sécurité
On peut comparer la situation de la Russie à celle qui existait dans notre pays dans les années 50 à 80.On tentait alors plutôt de composer avec le danger que de le combattre à la source. Les Russes ne réclament pas encore de parapluies pour les situations évitables ni même pour les situations à risques faisant depuis longtemps partie du quotidien. Il y a donc des conséquences accidentelles ou sanitaires. Mais il y a aussi des côtés très positifs comme la prise en charge des individus par eux-mêmes. Néanmoins la sécurité progresse avec l’élévation du niveau de vie.
Prenons comme exemple tangible celui des chantiers.
Il y a deux ans encore, la majorité des échafaudages et des cabanes était rustique et hasardeuse. Maintenant les échafaudages sont modernes, les cabanes remplacées par des Algeco et il y a des WC
mobiles, les « toi-toi » ! Les ouvriers - venant pour beaucoup des républiques lointaines - portent casques et gilets réfléchissants. Les trottoirs près des chantiers sont protégés
par des palissades et des toits.
Souvenirs et Artisanat
Rapporter des souvenirs, est le délicieux souci des touristes. Il y a beaucoup de belles choses en Russie, à tous les prix. Toutefois mieux vaut s’abstenir de rapporter une icône ancienne ou autre objet soumis à des règles d’exportation très strictes. Relisez soigneusement vos guides ou interrogez les experts pour savoir ce qui passera la douane sans ennui. Il y a d’excellentes boutiques dans toute la ville mais deux territoires de chasse sont particulièrement intéressants, surtout si vous n’avez que peu de temps : la rue piétonne ARBAT et le grand marché d’ISMAÏLOVO. Les prix qui étaient très bas il y a cinq ans ne sont plus qu’intéressants. Pour le prix d’il y a trois ans d’une boîte laquée noire peinte toute en finesse et doublée de feutre, vous n’avez plus qu’une boîte plus grossière peinte ou floquée en rouge à l’intérieur .
La rue ARBAT a été une des première des rues piétonnes et l’une des premières où les enseignes capitalistes se sont installées comme Mac Donald's, avant l’émergence des centres commerciaux. C’est une rue commerçante et très vivante où jeunes Russes, intellectuels et touristes déambulent en flots continus. Cafés, boutiques de souvenirs, rien n’y manque pas même de belles maisons anciennes ou de style constructiviste ou bien des statues célèbres comme celle du couple Pouchkine près de leur demeure. Le milieu de la rue est occupé par des étals de souvenirs divers. Mais la qualité artisanale recule au fur et à mesure du remplacement des babouchkas, qui vendaient une production authentique, par des vendeurs plus portés sur les montres ou les fripes militaires.
Le marché d’ ISMAÏLOVO est facilement accessible par le métro « Partisan ».
C’est un double repaire : le repaire d’un artisanat de qualité pour les touristes et celui des derniers CD, DVD en date et des accessoires à prix défiant toute concurrence (marché à l’arrière) pour tous. L’entrée est payante mais le prix n’est pas dissuasif.
Parmi les souvenirs les moins décrits dans les guides, il y a les articles en tricot : les châles très fins en sorte d’angora censés guérir les maladies, les moufles et les chaussettes. L’artisanat du bouleau est beaucoup plus connu : petites boîtes et objets sculptés ou objets en lanières tressés comme des chaussons ou des paniers ou ces sacs à dos déjà connus il y a des siècles. Tout cet artisanat va peut-être disparaître avec les babouchkas et leurs maris et donc devenir rare. Certains magasins de luxe ne s’y trompent pas qui intégrent déjà ces objets, presque d’antan, dans leur décor.
Les Statues de Moscou dont le style est emprunté surtout au style classique ou réaliste, cher aux soviétiques, constituent un des charmes des promenades moscovites. Il y en a partout, sur les places, dans les parcs voire les rues. Près du parc Gorki, ne manquez pas de visiter le pittoresque jardin des statues déboulonnées après la chute du communisme, à elles seules une page d’histoire. Souvent de la taille du personnage qu’elles représentent, elles peuvent aussi être très majestueuses comme celle de Pierre–le-Grand et de son bateau. Outre les charmantes sculptures de bois pour enfants dans les aires de jeux et les parcs, c’est un régal de découvrir tous les ornements sculptés des vieilles maisons et des isbas.
T comme TATARS - MONGOLS et TERRE, deux entités très marquantes de la culture russe.
L’attachement à la terre est viscéral. Nous l’avons vu illustré par l’inclination des citadins pour les fleurs, les parcs, les datchas à la campagne et l’amour de la nature. C’est une constante que l’on retrouve dans la littérature et toute l’œuvre artistique. On ne peut pas comprendre l’âme russe sans cette donnée fondamentale.
D’aucuns disent que la Russie a sauvé l’Europe en arrêtant les invasions des Tatars et des Mongols. Les attaques de ces barbares ont joué un grand rôle historique. Elles ont laissé, comme en Chine, des traces profondes dans la mémoire collective.
F comme Fer, métal et Fleurs.
Les caves et les entresols, ouvrant sur les trottoirs sont protégés de la neige de façon fort diverse par des abris vitrés ou cimentés, eux- même renforcés de grilles.
Les portes des maisons, souvent en fer et blindées, ont des porches dont certains ressemblent aux abris des croix de nos tombes de l’époque romantique.
Les gouttières sont très présentes et robustes. Dans les maisons anciennes, elles sont remarquables par leur importance et leur bouche, joliment ouvragée. Les
jours de dégel, elles déversent des flots impressionnants.
Parfois, à l’intérieur des églises, des musées ou des bâtiments publics, bref aux endroits de fort passage des grosses chaussures d’hiver, on voit des sols en dalles métalliques aux ornements en relief.
Nous avons tout dit sur les fleurs.
Cette phrase n’est qu’un rappel à ne pas oublier votre bouquet pour la maîtresse de maison quand vous serez invité par des Moscovites. Cette invitation sera la preuve de votre promotion de simple touriste à celle d’ami réellement adopté qui n’ignore plus rien du Moscou intimiste.
FIN de l’Abécédaire intimiste de Moscou.
RDV en octobre pour un nouveau sujet d’exotisme quotidien et/ou non politiquement correct.
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Elles se déclinent en
majestueux prospects, beaux boulevars (sans « D ») , rues normales, les oulitsa et petites rues voire ruelles, les péréouloks. Elles sont propres et
bien balayées, comme les parcs, même si traînent, à quelques endroits stratégiques des pauses de bureaux, mégots et bouteilles de bières.
Datcha et terre
La possibilité de célébrer le
culte orthodoxe au grand jour, Poutine lui-même se rendant à certains offices, a entraîné la restauration, voire la reconstruction d’une surprenante rapidité des églises et des
monastères.
Les cloches, les carillons et les horloges ne sont pas en reste de cette rénovation. Certaines vieilles horloges, ont encore des lettres en slavon au lieu de chiffres. Dans la campagne, on
trouve encore des églises de briques en ruines, dévorées par le lierre, mais bien d’autres aussi où les travaux ont déjà commencé. Ce sont plutôt les anciens locaux des foyers de la
jeunesse et de la culture communistes qui auraient besoin parfois d’un petit coup de remise à neuf ! Ainsi va l’histoire. D’autres souvenirs de l’époque communiste peuvent se rencontrer
dans des cimetières de campagne qui sont aussi laids que les nôtres avec leur fouillis de croix et leurs concessions entourées de petites grilles. Mais ce qui est attendrissant ce sont les
petites tables et bancs qu’on y trouve. Ces derniers servaient à faire une petite collation tout en évoquant les qualités du défunt : une bien jolie façon d’honorer les morts en l’absence de
cérémonie religieuse.
Dans l’atmosphère baroque aux couleurs
chaudes, à la lueur des cierges, couleur de miel, et dans l’odeur de l’encens, les fidèles se recueillent devant l’iconostase ou les reliques. Ils sont nombreux, parmi eux des jeunes et des
hommes, et la ferveur est palpable.
Une échappée très instructive est
de suivre la route de l’Anneau d’or jusqu’à 300 km de Moscou. Des villes, des églises et des monastères forment un périple en cercle, avec une appellation touristique faisant référence à
l’anneau symbolique. SOUZDAL et VLADIMIR sont deux étapes particulièrement instructives car elles sont comme un grand résumé, l’une d’une petite ville et l’autre d’une ville moyenne de la
campagne moscovite. En allant de l’une à l’autre, on découvre les villages paysans et l’on peut suivre la trace des monastères de St Serge, pionnier de l’unification russe et de la lutte contre
les Tatars. C’est à Sergueï Possad que l’on peut admirer l’icône de la Trinité…et que l’on fabrique les « boules » de Noël en bois représentant des monastères, vendues au marché
d’Ismaïlovo.
D’une ville à l’autre, on traverse de
charmants villages-rues où chaque fenêtre d’isba mériterait une photo. Les paysans semblent s’en être allés et les commerces, s’il y en a, sont bien cachés. Les maisons sont occupées
par des retraités ou transformées en résidence secondaires. Les petits jardins sont bien clos pour protéger les cultures et les animaux domestiques des prédateurs venus des immensités
environnantes. On y voit de drôles de pommes qui ressemblent à des kakis.

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